hommes politiques,Province - Poitiers-Limoges : nouveau coup bas de la technostructure

En février, une lettre du Directeur de la DGITM (Direction Générale des Infrastructures terrestres et de la Mer), véritable chiffon rouge, annonce que pour relever la rentabilité de la LGV du Poitiers-Limoges il faut réduire de 7 (prévus à l'issue du débat public) à 4 le nombre d’aller-retours sur la ligne POLT.

Mais, ce n’est pas en déshabillant le POLT qu’on augmentera la rentabilité du Poitiers-Limoges.

De qui se moque-t-on ?

Après l'essai de diversion de la desserte de Périgueux via Coutras, qui tentait de porter aussi un coup au Poitiers-Limoges, c’est une nouvelle tentative de déstabilisation.

Or, plaide depuis le début pour que la LGV Limoges-Poitiers soit le premier maillon de Transline. Dès la mise en service du Poitiers-Limoges, préconise la création de liaisons interrégionales Guéret-Limoges-Poitiers-Niort-La Rochelle, Brive/Périgueux-Limoges-Poitiers-Tours-Angers-Nantes/Rennes. Sans compter qu’une densification des circulations entre Limoges et Poitiers contribuera à créer une coopération plus étroite entre les deux capitales régionales tout en créant un corridor Guéret- La Rochelle-Limoges de 5 sous-préfectures, et... plus de péages pour RFF !

Certains contradicteurs estiment que la ligne actuelle Poitiers-Limoges suffirait pour ces relations. Sachant que le meilleur temps qui puisse être obtenu sur cette ligne serait, au prix de grands travaux, de 1h20 sans arrêt, Limoges-La Rochelle s'effectuerait au mieux en 2h55 (plus si correspondances), soit le même temps que la voiture qui, elle, fait du porte à porte, le parcours global utilisant le ferroviaire s'établissant à 3h30 en incluant les parcours pour se rendre à la gare de départ et atteindre sa destination finale. Trop pénalisant pour provoquer un report modal significatif par rapport à l'utilisation de la LGV, qui permettrait un temps global de 2h30 de nature, cette fois, à déclencher le réflexe rail pour ces relations.

Pourquoi la technostructure ne met-elle pas tout en œuvre pour que ces relations puissent voir le jour dans les meilleures conditions économiques possibles ? Pourquoi s’abrite-t-elle derrière ses préjugés et ses croyances qui reposent sur l’absence de potentiel sur ces relations ? La technostructure ne devrait-elle pas, en effet, plutôt être au service des territoires en ayant une vision plutôt que d’agiter des chiffons rouges qui, loin de résoudre les problèmes, encourage les comportements irrationnels, ennemis de toute réflexion porteuse d’avenir ?

Les collectivités concernées doivent, de leur côté, travailler sur un projet territorial : rapprocher la façade atlantique du Limousin, pour quoi faire ? Qu’est-ce que cela peut produire ? C’est la première étape de la mise en valeur du Triangle de Rennes/Nantes-Bordeaux-Lyon, acteur de la transition énergétique.

L’AG de Bordeaux a également rappelé la nécessité de voir le politique reprendre la main sur les grands dossiers d’infrastructures afin qu’ils contribuent à servir réellement les territoires concernés et leurs habitants en leur offrant une alternative au tout route et la possibilité d’être acteurs de la transition énergétique via le report modal.

Tout récemment, le Ministre a affirmé que la desserte POLT devait conserver ses 11 aller-retours actuels.