Europe,politique - POCL et dimension européenne

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LE POCL n’a pas de dimension européenne, ou plutôt il n’a qu’une dimension européenne bien secondaire. En effet, Le POCL n’est pas inscrit au réseau central car il ne pouvait pas l'être en tant qu'itinéraire parallèle, doublement de Paris-Lyon, pour une même desserte. Il n’est retenu que dans le réseau global. Pour Bruxelles, c’est la solution à un problème d'exploitation et non l'opportunité d'offrir de nouvelles fonctionnalités.

Les nouvelles lignes directrices européennes prévoient la réalisation d’un réseau multimodal à deux niveaux constitué d’un réseau global et d’un réseau central dont les infrastructures devront répondre à des exigences spécifiques. Le réseau global couvre l’ensemble du territoire européen et devra être fonctionnel pour 2050. Le réseau central, prioritaire pour recevoir les fonds européens, constitué par les sections du réseau global ayant une importance stratégique élevée, devra être opérationnel pour 2030 et ses infrastructures devront quant à elles satisfaire à des exigences plus strictes que celles prévues pour le réseau global.

Parallèlement au processus de révision des lignes directrices du RTE-T, une deuxième proposition de la Commission européenne, le Connecting Europe Facility, est actuellement en discussion au sein des institutions européennes. Cette proposition porte sur les moyens financiers nécessaires au développement des RTE au cours de la période 2014-2020. Ces moyens seront concentrés sur le réseau central et permettront de construire les liens manquants du réseau, de supprimer les goulets d’étranglement et de développer les systèmes d’informations permettant une meilleure gestion du trafic pour le transport ferroviaire.

Ainsi, dans un cinquième scénario, ou ouest amélioré, qui tangenterait Montluçon, c'est 1/3 du parcours POCL qui serait intégré au réseau central et donc éligible aux fonds européens, sachant que ceux-ci peuvent représenter jusqu’à 40% de l’investissement concerné, soit 2,2 milliards d’euros pour tout scénario qui prendrait en compte cette donnée essentielle. Ce n'est pas un hasard si le Bordeaux-Lyon revient en permanence dans les débats pour son caractère de maillon manquant (missing link) pour constituer la Via Atlantica.

Il va de soi que, sans parler des fonds européens, le bilan du 5e scénario viendrait s’enrichir des relations transversales contributives de la Via Atlantica.

RTE-T : la France, la grande perdante

RTE-T eet TRANSLINE

La carte du RTE-T est éloquente en montrant le désert français par rapport à l’Espagne à la densité démographique pourtant moindre que celle de la France.

Les Espagnols se sont bien battus, les Français non car doutant trop d’eux-mêmes pour valoriser les atouts de leur territoire dans l’espace européen.

Lors du colloque POLY5 à Udine, des Italiens s’étonnaient que la France n’ait pas obtenu plus en matière de RTE-T.

Comment la France a-t-elle pu accepter de laisser faire cela et oublier à ce point son rôle de carrefour européen ?

  • Quand un Ministre, lisant ses notes préparées par la technostructure, affirme que la liaison Bordeaux-Lyon n'a qu'une dimension interrégionale.
  • Quand la technostructure ne conduit pas l’étude du Barreau est-ouest promise en mai 2011 par la Ministre du Développement durable de l’époque, Nathalie Kosciusko- Morizet, à René Souchon, alors Président d’.
  • Quand le POCL privilégie une architecture franco-française et ne peut pas être retenu pour le réseau central.

Les récents projets comme le POCL font l’impasse sur la dimension européenne des projets.

Leurs promoteurs pensent qu’il suffit de sauter sur une chaise comme un cabri en criant l'Europe, l'Europe, l'Europe, pour qu’ils deviennent soudain européens et puissent ainsi bénéficier des subsides de l’Union. Il faut arrêter cette imposture et penser véritablement européen... comme le fait TRANSLINE !

2023 est la date de revoyure. Autant dire qu’il faut s’y préparer dès maintenant.