Europe - invitée à coopérer avec POLY5

Constatant la synergie existante entre TRANSLINE et le Lyon-Turin, des liens ont été créés avec la Province de Turin qui, en tant que chef de file de POLY5, a invité à venir participer à ses travaux lors de la réunion du 28 février à Udine.

Qu’est-ce que le POLY5 ?

C’est un projet transnational destiné à améliorer l’accessibilité et la connexion des territoires alpins. Il s'inscrit dans le cadre de la Coopération européenne, Espace Alpin 2007-2014, priorité 2 « accessibilité et connexion ». Le projet concerne 10 partenaires d’Italie, France, Autriche et Slovénie et 10 observateurs qui sont des institutions soutenant le projet et intéressées par son développement et ses résultats.

Le principal objectif est de prévenir les risques de marginalisation que de grandes infrastructures peuvent causer aux régions alpines.

Le projet vise à ce que ces régions saisissent les opportunités offertes par l’infrastructure et ne se contentent pas de subir les impacts environnementaux et sociaux.

Il s’agit donc de renforcer l’accessibilité, la connexion et la compétitivité des territoires alpins concernés par les grandes infrastructures de transports (MTI-Major Transport Infrastructures) produisant, à un niveau transnational, un développement local équilibré.

Le projet vise donc à :

  • augmenter la participation et l’influence des collectivités locales dans le processus de prise de décisions,
  • offrir à l’administrateur local des outils faciles à utiliser et l’information capable de guider son choix au niveau territorial,
  • améliorer la compétitivité des régions alpines en cohérence avec leur environnement de petites et moyennes entreprises locales et dans une perspective de management durable des MTI’s pour attirer les investisseurs.

L’objectif complet du projet est la mise en oeuvre de modèles de développement locaux capable de profiter des occasions offertes par l’infrastructure dans toutes les phases de son cycle de vie :

  • définition du projet d’infrastructures,
  • mise en oeuvre durant sa construction,
  • gestion une fois l’infrastructure en service.

A Udine, plusieurs thèmes ont été développés

Besoin d’une vision, d’un futur optimiste.

L’utilité définie intéresse-t-elle tout le monde ? Si elle n’est pas distribuée équitablement, comment y remédier ? L’utilité n’est pas une donnée, elle est à construire contrairement à ce qui s’est fait pour le POCL où la saturation de Paris-Lyon s’est imposée d’emblée comme une donnée incontestable empêchant le débat de se prononcer sur la pertinence de ladite infrastructure par rapport à la saturation brandie comme inéluctable. Comment se distribue l’utilité dans le temps et dans l’espace ?

Ce sont les ports qui justifient les corridors, et c’est cette conjonction qui contribue à la construction de la nation européenne en devenir. Au-delà d’un simple calcul de statistiques, un port doit permettre de s’engager sur les trafics et, au même titre que les futurs utilisateurs, être appelé à participer au financement de l’infrastructure ainsi désirée et souhaitée.

Différence de méthode en France où on raisonne purement infrastructure, déconnectée de tout projet territorial comme l’a montré le débat public POCL où la majorité des collectivités n’avaient pour seul but que de se placer au mieux sur le tracé, au mieux, selon leur perception ce qui les a empêché de voir d’autres ouvertures comme l’accès au sudouest et à la Péninsule ibérique occidentale.

Les infrastructures doivent être des instruments pour construire le futur.

Devant un système bloqué, il faut promouvoir de nouveaux processus de développement. Comment construire une stratégie du territoire ?

Une infrastructure sans politique autour, c’est purement démentiel, ça n’a aucun sens, ont déclaré plusieurs participants.

Il a été fait appel à l’Histoire et à un des grands artisans de l’unité italienne, Cavour. En 1846, dans son ouvrage « Des chemins de fer pour l’Italie », bien avant l’unité de la péninsule, Cavour avait tracé le réseau des chemins de fer italiens sans se préoccuper de la demande de trafic mais guidé par la volonté d’unir les territoires par le maillage.

Il avait la vision d’après-demain. Il faut aujourd’hui avoir la même audace pour construire le réseau européen. Les projets retenus dans la révision du RTE-T sont encore bien en-deça de ce que le continent a besoin avec notamment l’absence de TRANSLINE constitutive de la Via Atlantica.

En se donnant une vision du futur à un siècle et en mesurant l'utilité d'une vision optimiste.

En admettant les limites de l’approche coûts-bénéfices qui, au-delà de 30 ans, n'a plus de sens à cause du règne de l’inconnu qu’il nous revient alors de dessiner, de définir pour des infrastructures qui ont une durée de vie énorme.

Le volontarisme, le choix politique s’impose (ex de la Madrid-Séville réalisée avant Madrid-Barcelone), les politiques ont l’occasion de reprendre la main sur le destin des territoires à condition d'avoir une vision globale et à long terme.

Depuis, le Président de la Province de Turin, Antonio Saitta, a écrit au Président Guerre, pour inviter à participer plus étroitement aux travaux de POLY5 afin de voir les synergies qu’il y a entre TRANSLINE, la Via Atlantica et POLY5.