France,performance,corridor européen - Un élément capital manque au dossier

« L’opportunité qui n’a jamais été abordée vraiment en profondeur dans le débat, c’est l’opportunité de créer un véritable projet territorial d’envergure qui rapproche et unisse les 12 villes directement concernées par le POCL, dont Saint-Étienne et Sud-Loire. La LGV est l’outil pour façonner ce projet qui est à inventer. Nous avons de nombreuses villes qui vont se rapprocher, mais qu’allons-nous faire ensemble ? Paris n’est pas la seule, il y a Orléans, Clermont, Vichy, de nombreuses villes qui peuvent justement trouver une synergie commune. Il faut un projet territorial qui évitera que la structuration de l’espace se fasse une nouvelle fois autour de Paris et que le POCL ne se fasse au détriment des villes moyennes et métropoles intermédiaires. Les villes trouveront donc là une nouvelle identité garante de leur visibilité et de leur rayonnement. Ce projet territorial inversera la donne démographique vieillissante pour certaines collectivités et facilitera l’arrivée de nouvelles populations et de nouvelles activités.

Par conséquent, si un consensus est à trouver, c’est peut-être plus, plutôt que sur le scénario, autour d’un projet territorial aujourd’hui tragiquement absent. C’est sûrement le rôle de l’État d’avoir une vision... Or, nous, nous sommes en train un peu de tâtonner, puisqu’il n’existe pas de projet territorial. Il manque une pièce au débat. Alors, à quand un grand quelque chose pour nos territoires ? C’est aussi l’opportunité d’aborder une vision décentralisatrice et donc, de fait, européenne, avec la prise en compte du désormais fameux barreau Est-Ouest, c’est-à-dire Lyon-Nantes et Lyon-Bordeaux, qui ouvre des perspectives, y compris pour Saint-Étienne, à la fois pour le fret ferroviaire et aussi de désaturation du sillon rhodanien. Il y a eu un débat public en 2006 et nous savons que nous ne pouvons pas faire de nouvelles infrastructures dans le sillon rhodanien. Il va donc falloir trouver des solutions pour acheminer ce qui vient du Sud-Ouest vers Lyon.

Enfin, la cinquième opportunité... revoir le modèle économique de la grande vitesse, passer de la desserte de point à point à un éventail de services, et nous allons dire de services diversifiés sur le modèle espagnol. Donc, oui, il faut que le POCL prenne en compte dans sa totalité le Sud-Loire et il faut lever l’option de Saint-Étienne, afin que cela devienne une réalité. »

(St Etienne 12/01/2012)