transport ferroviaire,France - Pour éviter que les ports français de la façade atlantique deviennent exclusivement des ports de plaisance

L’UIC (Union Internationale des Chemins de Fer) a conduit une étude entre 2004 et 2007, le projet ERIM (European Rail Infrastructure Masterplan – Plan directeur européen d’infrastructure ferroviaire). Celle-ci, en conclusion, définit un certain nombre de « corridors européens » pour le fret ferroviaire ferroviaire :

corridors européens définis de l'UIC
Les corridors du plan directeur européen ERIM
(environ 40 000 km de lignes ferroviaires, incluant les corridors ERTMS)

On voit clairement que ces corridors ont privilégié l’axe Nord-Sud et en particulier, sur le territoire français :

  • sur aucune carte la zone centrale n’est, ou ne devrait être, traversée par un corridor européen ;
  • à l’exclusion du Havre, les ports de la façade atlantique sont totalement ignorés, confirmant qu’aucun trafic Ouest-Est n’est sérieusement envisagé dans ces tracés.

Le Massif Central, un obstacle insurmontable ? Pourtant, les corridors traversent allégrement la Chaîne des Alpes (selon les deux axes : Nord-Sud et Est-Ouest), le Massif des Apennins, de même qu’ils se déploient sur la Péninsule ibérique ou dans les Carpates.

Les ports atlantiques, des ports de plaisance tournés exclusivement vers le tourisme ? La France, première destination touristique au monde suivie de l’Espagne, c’est bien ainsi qu’on peut lire les tracés des corridors dans ces deux pays : du trafic principalement de transit, effleurant à peine les zones côtières dans la logique inébranlable d’un trafic européen prédominant qui suit l’axe Nord-Sud.

Qu’en est-il de l’existant ? Dans le cadre de ce même projet ERIM, le trafic fret a été analysé comme suit :

le trafic fret en 2006

le trafic fret en 2020

Une saturation du réseau fret en Europe est prévisible à l’horizon 2020. Il est donc urgent, dès maintenant, de préparer une solution. La solution proposée par l’UIC, ce sont ces « corridors », dans une logique Nord-Sud qui étend l’hinterland des grands ports du nord : Rotterdam, Anvers..., pour un trafic principalement dirigé vers le sud et l’est de l’Europe.

Mais pour faire face à l’échéance de 2020, l’UIC évoque aussi une autre solution :

UIC Initiatives reducing port- and hinterland congestion

Une telle hypothèse aurait fait sourire il y a quelques décennies. Aujourd’hui, elle peut être l’ébauche d’une alternative crédible à l’engorgement prévisible des grands ports maritimes européens.

TRANSLINE, c’est la nécessaire ouverture vers l’Atlantique

Alors, pour que le fret maritime connaisse un renouveau en France et dans le Sud de l’Europe, développons l’hinterland des ports français, ouvrons nos portes de l’Atlantique, sinon la France sera hors-jeu avec une distribution ignorant son territoire !

Sources : le site de l’UIC (www.uic.org)