corridor européen,Europe - Le POCL : un maillon trans-européen ? Oui, si...

Il peut paraître paradoxal de rechercher une vocation internationale au doublement de la ligne ferroviaire à grande vitesse historique entre Paris et Lyon.

Sur le site internet de la Commission Européenne, la carte des réseaux ferroviaires trans-européens montre que la Péninsule Ibérique d’une part, l’Europe centrale et orientale d’autre part, possèdent des relations réalisées ou en projet particulièrement nombreuses. En France, au sud de Paris, c’est le vide ; n’y figurent que les lignes Paris-côte basque, Dijon Perpignan et Lyon Turin. La liaison Péninsule Ibérique-Europe centrale passe par le nord de l’Espagne et le sillon rhodanien, déjà suffisamment engorgé, alors que, géographiquement la Péninsule Ibérique est, majoritairement, située à l’Ouest de la France.

La ligne actuelle Paris-Lyon sert déjà des relations européennes comme Bruxelles-Marseille ou Paris-Milan en attendant Paris-Barcelone, la doubler ne créera pas de fonctionnalités européennes nouvelles. La dimension européenne du POCL est donc à chercher ailleurs.

Dans un souci de protection de l’environnement, une des vocations de la Grande Vitesse ferroviaire est de réduire le nombre des voyages aériens. S’il est utopique d’estimer que des voyages Lisbonne Kiev seront nombreux, il convient cependant de construire un réseau ferroviaire susceptible de relier rapidement le plus grand nombre possible de villes européennes. Ainsi, un train de nuit partant vers 19h de Lisbonne, desservant Madrid à 21h45, pourrait arriver vers 9h à Budapest après des arrêts à Ljubjana et Zagreb, le temps qu’il faut aujourd’hui pour faire Paris-Rome... La congestion automobile dans les zones périurbaines et l’accroissement des mesures de sûreté dans les aéroports rendent maintenant acceptables les trajets ferroviaires de moins de 4 heures et de 5 à 6 heures s’il y a passage par un hub augmentant la durée globale du voyage aérien.

La France est naturellement un pays de transit entre la Péninsule Ibérique et l’Italie. Le réseau ferroviaire à Grande Vitesse qui se construit actuellement prend insuffisamment en compte cette donnée fondamentale.

Dans ces conditions, la liaison POCL doit être située le plus au sud et le plus à l’ouest possible de façon à assurer des relations aussi bien radiales que transversales. Son tracé doit être calibré afin d’obtenir des temps de trajet équivalents pour des trains directs entre Paris et Lyon sur l’ancienne comme sur la future ligne. Ainsi le tronçon Montluçonnais-Lyon serait commun à la transversalité vers Nantes et Bordeaux et au doublement de la liaison Paris Lyon permettant ainsi d’assurer sa rentabilité, et constituant la partie orientale de la Branche Centrale Européenne (BCE) du système TRANSLINE. L’intérêt européen sur ce tronçon réside bien dans les relations Péninsule Ibérique-Allemagne du Sud via la branche sud de la LGV Rhin Rhône et des relations entre la Péninsule ibérique et l’Italie du Nord / Europe centrale via le Lyon Turin.

Le segment Montluçonnais-Lyon du POCL est un des maillons clé du développement de la Grande Vitesse ferroviaire en Europe. Ainsi sera-t-il possible de réserver, au maximum, l’usage de l’avion aux relations intercontinentales. La réalisation de cet objectif recèle des exigences. Il est donc nécessaire d’utiliser toutes les ressources des technologies modernes pour construire un système aussi performant que possible en termes de rapidité, de confort, de simplicité d’utilisation tant pour les usagers que pour les opérateurs.

L’intérêt de la transversalité ferroviaire conçue selon le système TRANSLINE réside, enfin, dans une desserte rapide et fréquente des aéroports du parcours, à vocation intercontinentale, en augmentant leur hinterland et en rendant inutile la construction d’un troisième aéroport en Île-de-France.

La partie transversale du POCL (Montluçonnais-Lyon) est donc à construire en priorité car elle aura un effet d’entraînement pour toutes les autres branches, et c’est elle qui sera éligible aux fonds européens, comme section de la BCE...