Europe,Arc Atlantique,Association - Débat public Bordeaux-Espagne : message brouillé

La réunion de synthèse a eu lieu le 19 décembre à Bordeaux. Les opposants au projet de LGV étaient venus nombreux. Les deux Alains, Maire de Bordeaux et Président de Région, ont eu du mal à se faire entendre tant les huées et les sifflets étaient nombreux, ce qui n'est pas les meilleures conditions pour un débat démocratique avide de messages clairs. Alors, pourquoi tant de haine pour le scénario 3 ? Il prévoit pourtant :

  • de limiter les nuisances avec un tronc commun aux LGV Toulouse et Espagne, en évitant deux traversées urbaines,
  • de desservir l'est de l'Aquitaine et notamment le Béarn, Tarbes et Lourdes, ce qui dynamiserait l'ensemble du territoire aquitain avec des TER GV et l'intégration dans un réseau ferroviaire interrégional Pyrénées-Aquitaine-Charentes, présentés dans le numéro 9 de Transport 2020, mais qui devra être adapté à la nouvelle donne.
  • des liaisons avec le réseau existant.

Dans ce schéma, il manque assurément un contournement ferroviaire fret ferroviaire par l'est de Bordeaux afin que le trafic de transit évite l’agglomération. La ligne ferroviaire nouvelle vers l'Espagne pourrait être mixte dès le départ de Bordeaux.

Par ailleurs, les opposants contestent les chiffres de RFF concernant les prévisions de trafic. Et ils ont raison, ces chiffres sont faux car ils ne prennent pas en compte les flux générés par la T3A (120 trains supplémentaires d'après les premières estimations), la grande absente de ce débat et dont les partisans du scénario 3 auraient pu se faire une alliée. Mais, dès lors, il ne s'agit plus de trafics minorés mais bien de trafics majorés par cet apport.

Que s'est-il passé ? Il semble que l'argument du report modal ait malheureusement du mal à convaincre. Facile à comprendre : quand des élus se font les défenseurs de grands projets autoroutiers (grand contournement de Bordeaux, Langon-Pau, passage à 3 voies de l’axe routier Bordeaux / Espagne) et que dans le même temps ces mêmes élus font la promotion d'une ligne nouvelle à grande vitesse, le message en faveur du report massif modal est brouillé. En effet, si le scénario 3 bis proposé par le Béarn met Pau à une heure de Bordeaux, quel intérêt de faire la Langon-Pau ?

C'est la meilleure manière de tuer le meilleur argument en faveur d'investissements ferroviaires massifs qui ne sont justifiés que s'il produise ce report massif. Dans le cas contraire, les citoyens perçoivent ce débat comme une course infinie aux infrastructures qu’ils combattent avec raison.

C'est l'heure de choix dont les citoyens sont demandeurs. Il en va de la crédibilité des discours !