développement durable,ferroviaire-route-avion,Atlantique - Le Pont des Soupirs...

Des Vendéens, mais aussi des Nantais, des Bretons et des Ligériens ont contacté , très inquiets :

– Dites, ce n’est pas possible ce troisième franchissement de la Loire, ils vont donc le faire ? Les deux grands ouvrages routiers de Nantes et St-Nazaire, ça ne suffit donc pas ? Et on va en construire un troisième ? « Ils » ne vont pas nous faire ça ?
La voiture, c’est comme le gaz : plus on lui crée de l’espace, plus elle l’occupe et toujours au détriment des autres moyens de communication que l’on plie à sa dictature. Nos axes au sud de la Loire vont être saturés, car le troisième pont fera office de nouvel aspirateur à voitures et notre liberté de déplacement local sera rendue plus pénible encore ; moi, je n’aime plus conduire, c’est devenu une corvée.
A la fin de ma journée de travail, je voudrais avoir la liberté de lire, de me reposer, de discuter tout en étant transporté. Vous n’avez donc pas réussi avec votre réseau Armorique : ils ne vous écoutent pas !

– Pas encore, mais la maturation est lente... La machine infernale du « tout-voiture » est lancée à tout-va : les décideurs ont quelque peine à s’en dégager. Ouvrir une route ou un pont nouveau, c’est plus simple : le flot des automobiles s’y engouffrera et on renvoie le problème à plus tard ! A nous de leur montrer toujours qu’on peut faire autrement en usant de patience et pédagogie.

Alors, saturé le Pont de Cheviré ?

C’est ce qui se dit et s’écrit : 80 à 90000 voitures/jour, pour environ 126 000 personnes.

NON ! Ne laissons pas construire ce futur « Pont des Soupirs », ce pont de la pensée unique, qui privera les citoyens de cette région de la solution ferroviaire, la seule à préserver l’environnement comme cadre de vie, et qui permet aux bénéficiaires de respirer.

N’oublions jamais que les fonds utilisés pour le futur « Pont des Soupirs » ne pourront pas être utilisés pour le rail, dont le développement à travers le réseau Armorique sera remis à plus tard malgré les urgences.

Ce pont va générer les soupirs sans fin des citoyens victimes du même scénario qui a conduit, ailleurs, nous le savons tous maintenant, à l’impasse du tout routier...

  • soupirs d’être contraints de conduire voitures ou camions quel que soit le parcours à effectuer,

  • soupirs devant cette fatalité de devoir réserver à l’automobile et au camion toujours plus d’espaces pour proliférer,

  • soupirs de déception que, deux ans après sa présentation, la mise en oeuvre du réseau Armorique ne soit pas à l’ordre du jour : ce sera l’usage exclusif et intensif de la voiture pour le Grand-Ouest.

  • soupirs devant l’indifférence à l’encontre des anciens et de ceux qui le deviendront : les décideurs se soucient-ils du vieillissement de la population ? Le transport public, c’est l’assurance de ne pas rester cloués au sol.

  • soupirs de voir qu’avec le renchérissement du prix du pétrole et du coût de l’automobile, ce sont les plus modestes qui seront condamnés à regarder les autres bénéficier du droit de circuler. A la trappe, la cohésion sociale !

  • soupirs que « la lassitude des patrons face aux embouteillages !* » engendrera une exclusion sociale supplémentaire. Or, a une exigence sociale et environnementale, totalement évacuée de ce futur « Pont des Soupirs » ? Parler d’un nouvel ouvrage routier en faisant silence sur le Réseau Armorique, c’est cela qui est inquiétant.

Pour faciliter le franchissement de la Loire, on peut largement mieux faire avec le Réseau Armorique en adaptant et en rentabilisant le réseau ferroviaire existant dans une première étape :

Pour le transit ou l’accès à Notre Dame des Landes depuis le sud

  • un axe sud-est : Poitiers - Cholet - Quimper,
  • un axe sud-nord : La Rochelle-Nantes-ND des Landes-St-Nazaire/Rennes,
  • pour le local : un axe périurbain nord-sud Clisson-Savenay et un 2e axe Pornic/St- Gilles-Carquefou, chargés de soulager Cheviré.

un scénario pour la capacité d’un seul axe périurbain : des rames de 600 personnes, cadencées au 1/4 d’heure de 7h15 à 9h, de 12h à 14h et de 16h à 19h, et à la 1/2 heure aux heures creuses,

donc, une offre pour 36 000 personnes/jour, soit l’économie de 24 000 voitures, sans compter les passagers des autres lignes ferroviaires du réseau Armorique.

Autoroute / rail : quelle capacité maximum des deux modes ?

  • pour une autoroute à 2x2 voies avec 10% de camions :
    • le débit horaire maximum est de 3000 à 3500 véhicules/heure/sens,
    • soit 3800 à 4400 passagers/heure/sens donc environ 70 000 véhicules au total/jour.
  • pour une ligne de chemin de fer à 2 voies :
    • avec des rames RER à 2 niveaux, 5 voitures type MI2N à 1300 places
    • cadencement toutes les 5 minutes
    • un débit horaire possible de 15600 passagers/heure/sens
    • soit sur 20 heures/jour : 624 000 passagers/jour, soit l’équivalent de 445 000 voitures (3,5 fois les prévisions du pont de Cheviré),
    • en heures de pointe, les rames peuvent être doublées avec une capacité de 31 200 passagers/heure/sens soit 44 500 voitures au total !)

C’est dire que le rail offre une marge de souplesse considérable préservant l’avenir et que tout doit être étudié avant de se lancer dans de nouveaux investissements routiers inconsidérés et inadaptés aux défis actuels.

* Titre de Ouest France du 6 mai 2005

Une illustration concrète de ce que l’on peut réussir : Une décision sage : Un retour au bon sens La Région des Pays de Loire se bat pour endiguer le flot automobile
La mise en service d’un mini-RER entre Toulouse et Colomiers a abouti à une hausse de 230% du nombre des voyageurs, soit 2 500 voitures en moins par jour sur l’axe routier qui relie les deux villes. Le Conseil Général du Rhône, peu convaincu de l’opportunité de doubler l’autoroute Lyon-St-Etienne par une autre autoroute, a fait réaliser une étude qui intègre l’optimisation de la ligne ferroviaire entre les deux métropoles. La voie ferrée Grasse-Cannes a du être reconstruite après 50 ans d’abandon : elle a même été électrifiée. Des études ont démontré qu’elle était susceptible de transporter plusieurs milliers de voyageurs entre les deux villes et pour un certain nombre d’entre eux jusqu’à Nice : c’est une économie de voitures sur les routes. Mieux vaut tard que jamais, mais quel gâchis pendant un demi de siècle ! La réouverture de Nantes-Châteaubriand et la modernisation de la ligne Nantes-Angers-Tours-Vierzon-Lyon sont prévues pour augmenter les capacité du ferroviaire et faire face à l’accroissement de la mobilité.

Pourquoi ce qui est vrai dans telle situation ne l’est-il pas pour Cheviré ? Dans tous les cas, il s’agit bien d’un report intermodal. C’est ce genre de problématique que la pré-étude fonctionnelle de la TAA/Réseau Armorique précisera.