objectifs,court terme,Région - Les Régions s'expriment, l'État organise et accompagne

Vieux débat qui ressort à l’occasion du débat TAA : la responsabilité de l’aménagement du territoire reposet- elle sur les seules épaules de l’Etat ?

Certains en sont persuadés au point de rester à l’écart de la dynamique TAA en attendant que l’Etat donne la première impulsion.

Or, d’autres responsables régionaux ont compris que s’ils n’exprimaient pas leurs besoins, l’Etat ne bougerait pas surtout pas pour des liaisons transversales qu’il ne juge pas prioritaires.

Ainsi, Jean-Claude Antonini, Président de la Commission transports du Conseil régional des Pays de la Loire, qui en mars dernier a lancé l’idée d’une liaison nouvelle et rapide Rennes-Nantes via ND des Landes. a ainsi pu goûter la satisfaction d’être en phase avec lui sur le fond même de la démarche : les régions s’expriment, l’Etat organise et accompagne. s’est mis à l’écoute des régions, en a recueilli les besoins et a cherché à les mettre en cohérence dans le projet TAA qui en est la plus juste synthèse. Il revient donc aux régions de vérifier la pertinence de ce projet en permettant à la préétude fonctionnelle de s’effectuer et de dire si ce projet est censé. Ensuite, et ensuite seulement, l’Etat prendra la relève. C’est dire si nous approuvons totalement la démarche Antonini.

En effet, les mêmes qui attendent tout de l’Etat risquent d’attendre longtemps et se plaindront le jour où le même Etat imposera un projet tout ficelé, perçu comme un « truc » de technocrates, déconnecté des réalités locales et alors rejeté comme tel.

Lorsque avait posé la question à la DATAR sur les conditions à remplir pour que cette dernière prenne en considération la TAA, la réponse avait été simple et claire : il faut qu’il y ait un frémissement des régions. En clair, que les régions montrent leur intérêt pour ce projet pour lequel nous ne ménageons aucun effort, et nous, la DATAR, nous nous y intéresserons.

Les régions doivent compter avant tout sur elles selon l’adage célèbre « aide-toi et le ciel (en l’occurrence l’Etat) t’aidera ». Cela est d’autant plus vrai pour les régions oubliées des grands projets et à l’écart des grands corridors européens : les régions de l’Arc Atlantique et les régions centrales, ces dernières pour qui la DATAR n’envisage tout au plus que des dessertes sous la forme de virgules se terminant en culs de sac (Limoges-Poitiers et éventuellement Montchanin-Clermont-Ferrand). Il faut que les régions se décomplexent. Ainsi, Pierre-Joël Bonté, le Président du Conseil Régional d’Auvergne, a donné l’exemple en soutenant dès le départ, alors qu’il était Président du Conseil Général de Puy de Dôme, la TAA, celle-ci répondant à son propre projet de développement du Massif Central. C’est à chaque région, placée devant sa propre responsabilité, que revient la décision d’affronter l’avenir, en prenant les initiatives qui seront d’autant plus efficaces qu’elles se situeront dans un très large partenariat.

C’est pourquoi nous jugeons la participation de toutes les collectivités concernées nécessaire au nom de la solidarité territoriale.