Province,complémentarité - Les franchissements des Pyrénées

Les franchissements des Pyrénées sont un bel exercice pour répondre à la seule question cruciale concernant le transport du fret ferroviaire : comment transporter le fret longue distance ?

  • ou l’on se contente du ferroutage tel qu’il est défini aujourd’hui « pour franchir un obstacle naturel », soit 200 km maximun, sans que cela empêche aux camions d’avoir fait 1000 km sur la route avant et d’en refaire plus de 1000 une fois la chaîne franchie,
  • ou l’on construit la continuité de la performance de façon à pouvoir utiliser le rail sur des grandes distances dans des conditions acceptables et cela passe, dans le cas du trafic transpyrénéen, par la réalisation de la T.A.A., liaison entre la Péninsule ibérique, l’Italie, la Suisse, l’Europe centrale et de l’est.

Dans le deuxième cas, on met vraiment en place les conditions d’un véritable report modal du trafic routier longue distance par l’emploi, par exemple, de conteneurs pouvant passer d’un mode à l’autre et acheminés rapidement de A à B. En revanche, le premier cas n’est qu’une intervention à valeur symbolique qui ne résoud pas le problème de fond posé, c’est un maintien du statut quo camouflé...

C’est pourquoi, dans la deuxième proposition, les franchissements des Pyrénées ne peuvent être dissociés de leurs accès indispensables pour diffuser les flux de/vers la Péninsule ibérique pour répondre à la question toute simple : que faire de ce trafic une fois passé la frontière ?

Il ne faudrait pas, en effet, que l’absence d’étude d’envergure sur les post/pré-acheminements ferroviaires des différents franchissements des Pyrénées ne soit un lapsus révélateur en faveur de la première proposition.