Région - Cas d'une ville non située sur le tracé de la T.A.A. : Le Mans
Dilemme de ces villes qui ne se disent pas intéressées par des projets d’infrastructures parce que situées à l’écart des tracés. Certains considèrent que le tracé de la T.A.A. ne passant pas au Mans, cette dernière ville n’y a aucun intérêt. En poussant plus avant le raisonnement, on peut rétorquer aux mêmes qui défendent la modernisation de la ligne Nantes-Tours-Lyon que, Le Mans, ignorée également par le tracé, n’est pas davantage concernée.
Or, nous l’avons déjà dit : ce qui compte, ce n’est pas d’être sur le tracé de telles infrastructures aux performances qui atténuent tout éloignement, mais bien d’être intégré au nouveau réseau ainsi élaboré. Et pour cela, il convient de moderniser les branches pour pouvoir rejoindre le plus rapidement possible le tronc.
Il se trouve que Le Mans - Lyon demande 3h, avec le Barreau sud ce temps de parcours pourra être ramené à 2h40. La T.A.A. offrira un temps de parcours voisin mais elle garantira la fiabilité, la régularité, contrairement au passage sur la ligne Paris-Lyon saturée. De plus, qui nous dit que, lors de l’attribution des sillons horaires, les Nantes ou Rennes-Lyon seront prioritaires sur des Bruxelles-Genève, Londres-Marseille, etc... ? Personne, d’où l’intérêt d’un itinéraire autonome est-ouest.
L’intégration du Mans au réseau T.A.A. nécessitera l’électrification et la modernisation de la section Le Mans-Tours de la ligne Caen-Alençon-Tours. Actuellement, le meilleur temps de parcours Le Mans-Tours est de 56 minutes. Une mise à 160 km/h entraînerait un gain de 8 minutes.
Gains de temps sur diverses relations :
| Le Mans (aujourd’hui) |
Le Mans (avec T.A.A.) |
Le Mans (TAA + modernisation optimum Le Mans-Tours)* |
|
| Limoges | 3h07 | 2h10 | 1h50 |
| Clermont-Ferrand | 5h30 (via Paris) | 2h50 | 2h30 |
| Saint-Etienne | 4h45 (via Paris) | 3h35 | 3h15 |
| Valence | 4h20 (via Paris) | 4h | 3h40 |
| Lyon | 3h05 (via Paris) | 3h | 2h40 |
* rectifications de tracé, vitesse limite portée à 220 km/h
La T.A.A. donne accès à partir du Mans à des régions et à des villes
jusque-là ignorées des Manceaux, conséquence directe de leur difficulté
d’accès. La ville du Mans se sentira concernée si elle est capable de penser
au-delà de Paris.
Dans un prochain numéro, nous étudierons le cas d’Angers.


