Transport 2020 n°3

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GARDER LE CAP

La T.A.A. se fera, l’incertitude réside plutôt dans le délai : quand ? Le parcours sera long comme il l’a été pour les précédents projets du même type, entre la naissance de l’idée et la décision de faire : 21 ans pour le TGV Est, 13 ans pour le Lyon-Turin. Ces délais peuvent s’abaisser compte-tenu de l’environnement désormais favo-rable au rail. La T.A.A. par la révolution opérée dans les déplacements, fret ferroviaire et voyageurs, semble trop évidente pour ne pas connaître le succès, et pourtant, rien ne va de soi. Il convient de ne pas épargner son énergie pour convaincre, convaincre et convaincre, notamment, ceux trop longtemps, immergés dans la culture du tout-route.

C’est pourquoi, que les promoteurs du rail n’hésitent pas à être audacieux : il est révolu le temps où proposer un projet ferroviaire relevait quasiment de l’inconscience, et où il s’inscrivait inévitablement dans un débat idéologique fer contre route. Il convient donc de modifier approche et prétentions. Oui, il faut des projets pharaoniques, c’est à dire de ces projets dont la pérennité traversent les siècles, et assurent l’avenir pour que nous réglions une fois pour toutes l’idée d’un aménagement du territoire équitable, toujours souhaitée et sans cesse repoussée. Les bricolages auxquels nous sommes habitués sont tentants par l’illusion de leur faible coût, mais comme ils ne font que courir après les besoins sans projets relais capables de traduire une anticipation, l’illusion est de courte durée mais elle a eu néanmoins un coût. Il y aura des ralliements, des défections, la route sera longue, mais c’est en gardant le cap que l’utopie deviendra réalité. Courage et patience...