AG ordinaire - TAA/Réseaux interrégionaux : la chance pour être dans l'Europe de demain

remplit un vide, loin des salons feutrés et des colloques aux discours convenus, la réflexion TAA, désormais perçue comme la plus importante coopération interrégionale et européenne jamais réalisée, s'est enrichie depuis son lancement il y a plus de quatre ans :

  • de ses déclinaisons interrégionales, véritables organisation du territoire qui s'articulent autour d'un aéroport (Réseau Armorique avec ND des Landes et Réseau des Trois Massifs avec St-Exupéry) ou de deux aéroports (Réseau Pyrénées-Aquitaine-Charentes avec Blagnac et Mérignac), feuille de route pour les 25 années à venir que les régions doivent s'approprier pour réussir l'interrégionalité et pour exister dans l’Europe.
  • de sa pertinence à être intégrée dans le corridor ferroviaire européen V Lisbonne-Kiev pour la section Angoulème-Lyon (380 km) avec antenne Limoges-Nantes-ND des Landes-Rennes-Caen offrant ainsi à la Bretagne, à la Bassse-Normandie, aux Pays de la Loire, à l’Auvergne et au Limousin, l'unique opportunité d'être positionnée sur un corridor européen avec tous les avantages s'y rapportant notamment en matière de financement. L’Aquitaine et Poitou-Charentes se trouvent au carrefour de deux corridors européens. Quant à Rhône-Alpes, ports atlantiques et Péninsule ibérique se trouvent à portée de main.

A l’heure de la construction européenne, cet axe ferroviaire s’impose pour nos régions qui doivent se l’approprier.

Enfin, il a été rappelé, une fois de plus, que la réflexion en cours ne pouvait pas être opposable aux projets déjà programmés puisqu'elle les intégrait en soulignant la complémentarité de tous. La crainte de ceux qui l’utilisent :

  • que la TAA soit ainsi utilisée par l’Etat qui chercherait tous les prétextes pour ne pas faire avancer les projets à court et moyen termes et qu’elle serve à faire patienter élus et populations trente ans pendant lesquels il ne se passerait rien. (La méfiance, et donc les mêmes résistances, existaient déjà lorsque le précédent gouvernement était en place).
  • S’intéresser à la TAA serait également, à leurs yeux, une preuve du désengagement et de la versatilité de la collectivité pour ses projets et utilisée, là encore, comme prétexte pour permettre à d’autres collectivités de faire passer leurs projets devant cette iconséquente. La TAA concernant un nombre conséquent de régions, leur appétit du long terme se neutraliserait.

L'assemblée a donc insisté pour dire que ce type d'arguments s’il perdure encore, ne peut être un obstacle à l’avancée de la dynamique TAA/Réseaux interrégionaux, tous les membres institutionnels gérant également des dossiers du court et du moyen termes. Cette opération qui, par rapport aux ouvertures et aux résultats attendus de l'étude, ne requiert finalement qu'une participation modique par rapport à ce qu'elle serait si un nombre réduit de collectivités décidait de lancer la même étude. Il est donc fait appel à la solidarité territoriale.

Au delà des discours, il y a nécessité des actes ce dont les membres d’ sont convaincus, et d’autres s’interrogent. Répondre aux questions de ceux qui s’interrogent, leur apporter tous les éclaircissements dont ils ont besoin afin qu’ils trouvent leur place dans la dynamique.

La complémentarité de la TAA avec les projets de court et moyen termes qui, eux, s’intègrent dans les déclinaisons interrégionales de la TAA (Réseaux Armorique, Pyrénées-Aquitaine-Charentes et des Trois Massifs) est sans cesse rappelée.

1. Réserves sur le ferroutage : attention, mettre les camions sur les trains ne résout pas le problème du transport des marchandises sur la longue distance. En effet, qu’est-ce qui empêche les camions de faire plus de 1000 km avant d’embarquer sur les wagons et d’en avoir à faire 1500 à 2000, une fois débarqués des mêmes wagons ?

Pour que le fret ferroviaire ferroviaire ait un avenir : réaliser la continuité de la performance, d’où la TAA pour que celle-ci existe entre les couloirs Paris-Bordeaux-Espagne et rhodanien.

Attention à l’illusion d’optique avec les faux flux nord-sud : l’axe Espagne-Bordeaux-Paris semble consacrer la domination sans partage des flux nord-sud, or 50% de ces flux sont à destination de l’Allemagne et des Pays de l’Europe de l’Est ou Centrale, il s’agit donc de flux sud-ouest – nord-est qui, aujourd’hui, faute d’infrastructures rentrent dans la catégorie des flux nord-sud.

2. Créer des réseaux alternatifs pour répondre aux tensions environnementales et énergétiques, et éviter ainsi que la mobilité du pays est à souffrir d’un arrêt brutal. Une approche visionnaire pour aller de l’avant et ne pas subir.

Au-delà des discours, des paroles : offre l’opportunité de les traduire en actes qui passent par une adhésion à et une contribution financière à l’étude pré-fonctionnelle.

3. La TAA ne peut pas passer pas partout : Deux réactions possibles : comprendre qu’il vaut mieux être dans la réflexion, ou rejeter la proposition et autoexclure sa collectivité avec la conséquence que le projet se fera sans elle.

4. Etat des besoins : quel projet pour croisement avec les résultats de l’étude ? On ne peut que conseiller aux collectivités de contribuer à l’étude qui leur apportera plus de réponses encore les aidant pour la conduite de leurs projets locaux.

5. Les transversales d’aujourd’hui se transforment peu à peu en trains touristiques pour certaines qui sont fortement concurrencées par le système autoroutier au fur et à mesure de son extension. Elles ont ainsi perdu leur statut de transversales et deviennent des lignes de cabotage, à moderniser et à intégrer dans les réseaux interrégionaux préalablement définis. Elles ne remplissent pas les missions de transversales pour lesquelles elles n’ont jamais été conçues. Les transversales ont été pensées en fonction des radiales qui ont été mis bout à bout mais en aucun cas elles n’ont été pensées avec le soucis de transversalité, c’est l’innovation que permet aujourd’hui (attention une nouvelle fois à ce que l’on ne retombe pas dans ce travers historique en étudiant le barreau Poitiers-Limoges uniquement du point de vue des flux Paris-Limoges).

Cessons donc de pleurer les transversales et construisons LA transversale. En effet, la TAA règle le cas à long terme en offrant trois transversales en une : Nantes-Bordeaux, Nantes-Lyon et Bordeaux-Lyon avec les mêmes moyens habituellement dévolus aux radiales.

Quand on veut faire, on trouve un moyen
Quand on ne veut rien faire, on trouve une excuse

6. Court terme : réalisons l’étude* !

Des membres institutionnels, comme des observateurs, veulent en savoir plus estimant que le temps des approfondissements est venu. Or, ces approfondissements ne pourront être apportés que par une étude d’envergure.

Est-ce la bonne voie ou nous fourvoyons-nous ? A ce stade, seule l’étude pourra nous répondre.

Réalisons l’étude, c’est le moment !

* à titre de comparaison, des études exploratoires pré-fonctionnelles estimées à 700 000 euros vont être réalisées pour le barreau picard (Paris-tunnel sous la Manche via Amiens) représentant