En 15 jours, deux rapports prétendant définir la mobilité du pays pour les 20 ans à venir ont été publiés. Aucun des deux ne dessinent pourtant le nouveau modèle de société indispensable pour relever les défis du changement climatiques, des transitions énergétique et écologique, des fractures territoriales et de la construction européenne.

  • Le premier, le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures, ne tranche pas entre la route et le rail tout en prétendant privilégier les transports du quotidien.
  • Quant au second, le rapport Spinetta censé définir l’avenir ferroviaire du pays, il vient contredire le premier, pourtant déjà modeste sur l’extension du réseau TGV, en déclarant que ce dernier est désormais « abouti » et que les « petites lignes », celles-là mêmes qui contribuent aux transports du quotidien, doivent être fermées.

Alors que le rail a les moyens d’être la pierre angulaire de la mobilité, les rédacteurs de ces rapports n’ont rien inventé, se contentant de rafraîchir le rapport de la Commission Mobilité 21 de 2013 pour le premier, pour le second de reprendre les vieilles recettes des années 1930, 1970 ou 1980 concernant la fermeture massive de lignes ferroviaires en pensant que ces saignées auraient des effets différents de celles pratiquées par les médecins chers à Molière. Une sorte de paresse intellectuelle caractérise nos rédacteurs armés de calculettes et de serpes plutôt que de volonté à réinventer ces lignes pour contribuer à la rénovation de l’espace rural et à l’aménagement du territoire.

Ces rapports ont occulté les pistes innovantes préconisées par . Et pour cause, notre association n’a pas même été auditionnée, malgré nos demandes répétées, alors qu’elle est à l’origine d’un projet européen regardant près de la moitié du territoire nationale, la Via Atlantica, susceptible de bouleverser les mobilités régionale, nationale et européenne tant fret que voyageurs.

Ces constats dévaluent de fait ces rapports et affectent leur pertinence, ils apparaissent limités, réducteurs et deviennent anecdotiques dans leur ambition de dessiner la géographie ferroviaire de demain. Le combat continue plus que jamais pour faire émerger la Via Atlantica avec tous ceux qui ont à cœur d'assurer l’accessibilité et le rayonnement des territoires au sein d’, désormais seul véritable lobby de la mobilité pour les territoires de l'Atlantique jusques aux Alpes.