Rien de nouveau au moment où le contexte nous impose des ruptures

Le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) vient de rendre sa copie et comme il fallait s’y attendre, il fait beaucoup de déçus en préconisant des abandons, ou des reports lointains, d’opérations mineures concernant le réseau classique comme, par exemple, l’électrification d’Angoulême-Saintes-Royan (111 km) ou de lignes nouvelles comme le projet LNOBPL ou POCL. Certes, l’argent manque si l’on considère les traditionnels canaux de financement, mais le rapport fait encore la part trop belle à la route dans un contexte de transitions énergétique et écologique avec de nouveaux projets alors que l’attention devrait être portée uniquement sur l’entretien du réseau routier/autoroutier existant. En effet, là où il y a projet, notamment les contournements autoroutiers de Rouen et de Strasbourg, cela révèle un potentiel qui est du ressort de la solution lourde ferroviaire.

La dimension européenne est écartée puisque Bordeaux-Dax et Montpellier-Perpignan, sections de corridors européens, ne sont pas jugées prioritaires sans parler de l’absence de volonté d’étudier la Via Atlantica projet européen par excellence. Le Lyon-Turin, encore à la recherche d’un sens affirmé, est toujours aussi fragilisé notamment à l’approche des élections italiennes du 4 mars et la possibilité de l’arrivée au pouvoir d’une coalition défavorable au projet.

Déjà chacun se mobilise pour défendre SON projet, répétant ainsi les erreurs du passé, qui ont conduit aux conclusions du rapport décrié et à la situation de quasi statu quo, en allant seul au combat. C’est pourquoi, doit plus que jamais fédérer tous les acteurs économiques et collectivités afin de constituer cette communauté d’intérêts Atlantique-Massif Central et faire ce travail de conviction apte à mobiliser une force capable de faire accepter les projets contribuant à la Via Atlantica et la réalisation totale de celle-ci. Il ne s’agit plus de défendre SON projet mais de défendre NOTRE projet Via Atlantica, dont certaines sections sont plus avancées que d’autres, afin de donner sens et cohérence à cette structuration du projet territorial incarné par le triangle Bretagne-Pays basque-Lyon à valoriser.

Le mot de la fin appartient désormais au Gouvernement, la Ministre des Transports devant s’exprimer fin février. va donc continuer à demander l’étude de la Via Atlantica et la réalisation des projets qui contribuent à la Via Atlantica (LNOBPL, partie sud du POCL, électrification Angoulême-Royan etc.). Quelle que soit sa décision, cela n’exclut pas d’organiser en un véritable lobby ferroviaire pour assurer l’avenir de l’accessibilité et du rayonnement des territoires de l'espace Atlantique-Massif Central rassemblant 15 millions d'habitants.