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Transport 2020 n°22

Un Débat Public insatisfaisant !

Nous avions souhaité la clarté et l’honnêteté mais le Débat Public sur la LGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) a été décevant. Si l’organisation et l’animation du débat par la CPDP, sous la houlette du Président Gaillard, ont été rondement menées, il n’en reste pas moins que le dossier du maître d’ouvrage, sur lequel s’appuyait le débat public, a été au mieux incomplet, au pire orienté.

Il a été dit en séance inaugurale, par la voix d’Hubert DU MESNIL, président de RFF que les pistes « proposées » devaient être discutées et enrichies au cours du Débat. Or, par la suite, trop de propositions ont été rejetées.

Des études menées avec RFF, et parfois sous sa direction, ont été déclarées, ensuite « non pertinentes » par le même RFF !

Des chiffres ou « ratios » ont été annoncés au grand public et certifiés incontestables, leur présentation s’accompagnant de couleurs choisies en fonction de la répulsion à susciter à l’encontre d’un tracé. La supposée « indépendance » de RFF a été contredite au détour de réponses quant aux sources des hypothèses de services, de temps de parcours comme de clientèle attendue selon les tracés, puisque fournis, nous a-t-on avoué, par l’opérateur historique... promoteur du scénario Médian !

Des partis-pris bétonnés, devenus « vérités », font que certaines limites départementales et/ou régionales deviennent de véritables murs infranchissables par les voyageurs et que « l’effet réseau » ne joue que sur les marges Nord et Est du fuseau POCL et compterait pour ZERO sur les marges Ouest et Sud : ainsi, la clientèle de la Creuse et de la Corrèze a été proprement éliminée de tout calcul !

Ici, le linéaire du tracé Ouest-Sud est déclaré non modifiable (Tronçais et St Pourçain) ; là, on n’en est pas à 10 kilomètres près (Beaujolais) ! Vérité dans l’Allier, erreur dans le Rhône !

Au fil des réunions, les responsables d’ ont énoncé un certain nombre de faits et posé bien des questions : ils ont dû, séance après séance, réitérer leur demande de projection de la carte du barreau Est-Ouest qui n’était pas spontanée...

Autre aspect totalement éludé : le possible co-financement du projet par l’Union européenne. Sur ce point essentiel, le gouvernement français n’a pas pour le moment fait les démarches nécessaires auprès de la Commission européenne : il s’agit là d’un manque fâcheux. Le scénario Ouest-Sud, de par la dimension européenne qu’il sous-tend, devient un atout pour valider la dimension européenne du POCL et faire que le projet soit intégré au réseau central de la grande vitesse, avec possible financement à la clé !

s’en remet à l’arbitrage des membres de la Commission qui sauront démêler le vrai du faux, la note juste de la note forcée, les arguments objectifs de ceux qui sont virtuels ou approximatifs.

René Souchon,
Président d’
Président du Conseil Régional d’Auvergne