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Transport 2020 n°9

AUTISME

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) multiplie les avertissements concernant l’urgence de la rupture à opérer pour diminuer l’émission des gaz à effets de serre (GES). Le Monde de l’économie du 2 septembre relaie ces avertissements : « A partir de 2020, les transports raviront à l’industrie la place de premier consommateur d’énergie. Il faut donc être plus ambitieux que les politiques actuelles de réduction des émissions de GES, en abaissant la demande énergétique des pays développés de 9% de façon à diminuer leurs émissions de CO de 10,1%. Un tel résultat ne sera atteint qu’en jouant sur trois tableaux : augmentation de l’efficacité énergétique des véhicules, utilisation de carburants d’origine non fossile ou renouvelable, limitation des déplacements et transfert sur des modes de transports collectifs avec des investissements colossaux pour la construction d’infrastructures ferrées à grande vitesse ou réservées au fret ».

Autisme de notre société qui sait ce qu’il faut faire mais qui se terre dans l’immobilisme. La faute aux gouvernements ? Non, pas seulement, si les gouvernements n’agissent pas, c’est par peur. Et si la société ne comprenait pas l’urgence de cette remise en question ? Et si les lobbys continuaient à privilégier le court terme aux dépens du long terme et de notre survie ? Les gouvernements en revanche ont un devoir urgent de pédagogie pour expliquer les enjeux et le pourquoi de la nécessaire rupture.

Autisme des citoyens qui restent en retrait du débat transport sans vouloir se rendre compte qu’il s’agit d’un secteur clé pour la protection de l’environnement, la santé, l’amélioration de la qualité de la vie...

Autisme de certaines associations qui, par leur attitude de refus des grandes infrastructures, seules capables d’opérer la rupture dans les déplacements, cautionnent le statut quo au lieu de se battre pour inverser la tendance concernant l’affectation des crédits. Autisme en matière de dépendance énergétique et d’aménagement du territoire, mais là, c’est une autre histoire. Ou alors, que l’on nous dise que ces gens qui nous prédisent des catastrophes sont fous et l’affaire sera (provisoirement ?) réglée.