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Transport 2020 n°8

Une des qualités de l’audit est d’avoir contribué à révéler un anachronisme en donnant sa bénédiction à 65 Milliards d’euros de travaux routiers contre seulement 24 Milliards d’euros pour le rail. En effet, la libéralisation du rail va permettre aux transporteurs routiers de construire des chaînes de transport alliant plusieurs modes et notamment la route et le rail. La rupture sera alors constituée par leur désir d’avoir des infrastructures ferroviaires performantes et non plus des infrastructures routières les conduisant à toujours plus de congestions, les nouvelles infrastructures routières appelant à toujours plus de trafic. Je rappellerai qu’à l’origine de la TAA il y avait des patrons routiers conscients que la route ne pourrait plus tout faire.

Le lobby routier ne faisait qu’occuper un vide, l’absence de tout projet ferroviaire d’envergure s’intégrant dans un véritable projet de transport régional à l’échelle de plusieurs régions. Certes, il y avait bien l’idée de construire ici ou là une ligne mais ... et après ?

avec le réseau Armorique, et aujourd’hui, avec le Réseau des Trois Massifs, propose réellement des réseaux qui peuvent se substituer à l’inflation de travaux routiers. En effet, ces réseaux doivent permettre de renoncer à la construction d’autoroutes parallèles à celles déjà existantes ou de grands contournements routiers d’agglomération chargés de doubler les rocades existantes, voire encore à des ponts monumentaux pour franchir Loire ou Garonne. En effet, les contournements routiers répondent au trafic camion longue distance ou au trafic voyageur intervilles. Le rail a un rôle à jouer et, si les décideurs ont les idées claires, alors la solution ferroviaire performante ne prendra pas plus de temps que la solution routière. Il sera alors l’allié de la route en garantissant le meilleur emploi de celle-ci.