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Transport 2020 n°6

L’idée TAA chemine... Après l’article paru dans Ouest-France au lendemain du colloque de Clermont-Ferrand « Ligne Alpes-Atlantique : le projet est lancé », j’ai reçu de nombreux coups de téléphone qui tenaient à me préciser qu’il s’agissait d’un projet de très long terme. Ces précisions émanaient de gens qui, jusque-là, considéraient le projet comme farfelu et peu digne d’intérêt. Une marche supplémentaire est donc gravie. Aujourd’hui, nous avons au gouvernement des gens des régions, dont deux, à commencer par le Premier Ministre et le Secrétaire d’Etat aux Transports, se sont prononcés en faveur du projet dès le début du débat, lorsqu’ils étaient respectivement Président de région et Député-maire. Cela n’est pas anodin car force est de constater que, si des personnalités de terrain de l’ancienne majorité, notamment des maires ou conseillers régionaux, avaient dès le début soutenu le projet, le pouvoir central, Ministère des Transports et Ministère de l’Aménagement du Territoire, avait toujours considéré avec mépris le projet T.A.A. : ce dont on ne parle pas à Paris n’existe pas.

C’est une chance pour que le complexe d’infériorité de la province cesse, une province qui devrait se contenter de « petits » investissements tandis que la région capitale multiplierait les grandes réalisations. On se souvient des deux projets, à l’origine concurrents, EOLE et METEOR que le gouvernement Rocard avait finalement décidé de réaliser tous les deux faute de vouloir trancher. Pour la province on fait chichement, à la provinciale. Invité en Suède, j’ai pu comprendre la problématique de l’Øresund, qui en misant sur le fer a dopé l’utilisation de celui-ci et a nécessité de voir grand, une problématique proche de celle du complexe ferroviaire Bretagne-Pays de Loire.

Nous avons donc toutes les raisons d’être optimistes d’autant plus que la décentralisation semble être une priorité, or, la décentralisation passe par les infrastructures !

Michel Caniaux
Président d’