ferroviaire - Les leçons de l'été

LGV PACA : la victoire des territoires

ou le jour où le train à grande vitesse cesse définitivement d’être un outil exclusivement parisien.

Le 29 juin dernier, Jean-Louis Borloo, dans le dossier TGV PACA, a tranché en faveur du scénario « Métropole du Sud » Marseille-Toulon-Nice. Cette ligne s’intègrera dans l’arc méditerranéen Barcelone-Marseille-Gênes.
http://www.lgvpaca.fr/
http://www.gouvernement.fr/gouvernement/lgv-paca-doit-mettre-nice-a-moins-de-quatre-heures-de-paris

Entre gagner dix minutes supplémentaires entre Nice et Paris, et relier de manière plus intelligente le territoire, le Ministre a tranché.

C’est la logique pour TRANSLINE, voilà pourquoi cette décision jouera en faveur de cette dernière et fera jurisprudence. Le maillage du territoire l’a emporté sur une logique purement parisienne. La logique européenne, celle de l’Arc méditerranée, l’a emporté sur la logique parisienne qui ne constitue plus qu’une fonctionnalité parmi d’autres. Ainsi, l’histoire de la Grande vitesse évolue et affirme une nouvelle étape inaugurée par la branche est du Rhin-Rhône qui doit entrer en service dans un peu plus d’un an. Un nouveau modèle économique doit s’inviter en lieu et place de celui qui a confondu la Grande Vitesse aux seules liaisons radiales.

Dans ces projets, liaisons transversales et radiales se superposent. C’est le maillage qui garantira sur le long terme la rentabilité de tout système et non la concentration de tous les efforts et de tous les moyens sur un axe ferroviaire déjà hypertrophié en contradiction totale avec la notion de développement durable.

Voilà pourquoi, TRANSLINE et ses trois branches est pertinent en constituant un système qui fait progresser ce maillage seul garant de l’effet réseau recherché par RFF : TRANSLINE repose sur une armature européenne avec la branche centrale européenne puis les branches nord et ouest.

Ainsi, dans l’optique de doublement de telle ou telle ligne, l’objectif n’est plus de gagner x minutes sur une ligne radiale mais bien d’offrir un temps au moins égal tout en irriguant le territoire au maximum et en renforçant le maillage d’un réseau qui, étant accessible au plus grand nombre d’habitants, verra le volume global traité augmenter et un report modal désormais rendu possible sur un espace beaucoup plus vaste qu’aujourd’hui.

Définition du Barreau est-ouest : c’est pour bientôt !

Lorsque cette notion est apparue dans le Grenelle, beaucoup se sont légitimement interrogés si ce terme pouvait englober TRANSLINE dans sa version transversale. D’autres y ont vu quelque chose de réducteur et se sont limités à n’y voir qu’un Nantes-Lyon.

Si l’Est était clairement dentifié, en revanche qu’englobait l’Ouest dans l’idée de ses concepteurs ? L’Ouest au sens large d’une façade atlantique à son extension maximum françaises englobant le sud-ouest, notion nationale qui disparaît sitôt passé Irun, c'est-à-dire un véritable Ouest européen à l’échelle européenne ou un Ouest riquiqui limité à deux régions voire trois et carrément en-deça des enjeux ?

Et les enjeux sont clairs : aller en priorité vers des territoires aujourd’hui mal desservis et les repeupler (le regain démographique) plutôt que de construire des LGV le long d’axes performants ou ayant des réserves de performances. Après l’urgence à construire les radiales pour venir au secours de lignes saturées ou en voie de l’être, la transversalité ne doit pas être pensé de la même manière, les volumes n’étant pas les mêmes : superposer les flux et avoir un projet démographique permet de donner naissance à un nouveau modèle économique adapté aux relations concernées.

TGV normand et desserte du Béarn : ce que seule peut réussir une mobilisation

Le Tgv normand avait été évoqué dans le schéma directeur des LGV de 1992, puis, il y avait eu l’idée d’un TGV des Estuaires lancé par Louis Mexandeau, homme d’influence à l’époque. Tout ça avait fait pschitt faute d’une mobilisation affirmée, en fait peu croyait à ces projets.

Et maintenant, la desserte de la Normandie s’invite dans le Grenelle tout comme un barreau SEA - Pau pour la desserte du Béarn.

Comme quoi, rien ne remplacera la mobilisation des principaux acteurs. Paris Le Havre annoncé par le Président de la République, et aussitôt les Bas-Normands veulent légitimement avoir leur part et se raccrochent au projet pour l’enrichir. Cela devrait servir de leçons aux quelques collectivités qui, quel que soit le projet, passent leur temps à se demander et si... et non... et pourquoi pas... et quand... et comment... empêchant un consensus total qui constitue la première étape indispensable de la réussite d‘un projet !


BESOIN DE CROIRE MAIS POUR CELA IL FAUT UN PROJET ET VAINCRE LA PARESSE INTELLECTUELLE qui incite à reproduire sans cesse le passé pour construire un présent et un futur en décalage avec les exigences des nouveaux défis contemporains.