ALTRO - Le projet TRANSLINE à la rescousse du barreau LGV Limoges-Poitiers ?

En cette première quinzaine de mai le ton est monté en Limousin contre le projet de LGV Limoges-Poitiers. Plusieurs réunions publiques ont été organisées dans les différentes communes de la Haute-Vienne comme au Palais-sur-Vienne, à Blond, à Bellac ou à Bonnac-la-Côte, avec une participation qui a souvent dépassée les 150 ou 200 personnes. Une importante coalition d'opposants s'est formée en regroupant le long de la LGV pèle-mêle : des associations de protection de l'environnement, des syndicalistes, des riverains inquiets, des élus locaux, des partis politiques comme le NPA, les Verts... Dans ces réunions sont aussi venus s'affronter avec les opposants, des défenseurs du projet tels que les grands élus de Limoges et de la Haute-Vienne, des militants issus principalement du Parti Socialiste et quelques autres acteurs de la société civile.

Toute cette effervescence a permis en positif de remettre sur l'avant scène des questions que le projet de RFF n'a pas pris en considération (ou pas suffisamment) jusqu'à présent :

  • Une partie importante de la population reste attachée à l'axe ferroviaire Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT) et s'inquiète de façon légitime de l'avenir de cet axe ferroviaire quand une partie du trafic voyageurs sera détournée par Poitiers. Cette préoccupation atteint son point culminant en Creuse où les habitants ont du mal à imaginer de devoir passer par Limoges et Poitiers pour aller à Paris, tout comme ils ne sont pas disposés à voir la desserte de la gare de la Souterraine se détériorer.
  • Pour un grand nombre d'acteurs, le coût financier et environnemental du projet apparaît comme disproportionné au regard des quelques 22 ou 24 circulations vers Paris ou au delà qui ne concerneront directement que les villes de Brive et Limoges en Limousin.
  • Le projet est aussi critiqué et pas uniquement par sur la non prise en compte des trafics « Est-Ouest » de fret ferroviaire et de voyageurs. Le choix de la voie unique pourrait apparaître comme inadéquat car il risque de brider, dés le départ, la capacité de la ligne en terme de circulations journalières.

En négatif, les différentes prises de positions entendues contre le projet de LGV Limoges-Poitiers peuvent amener des interrogations sur les perspectives d'un tel front d'opposants :

  • Dans les débats des personnes ont pris souvent clairement position contre la réalisation de ce barreau LGV quel qu'en soit son tracé, tout en réclamant la réactivation de projets autoroutiers comme sur l'axe Limoges-Poitiers.
  • Les projets alternatifs présentés par le collectif des opposants ont souvent sous-estimé la réalité des coûts pour un temps de parcours présupposé de 2h15 entre Limoges et Paris via Châteauroux.

Une certaine symétrie dans l'affrontement entre les défenseurs et opposants du projet pourrait, si la situation perdure, convaincre RFF et le gouvernement, ainsi lassés, de ne plus rien faire pour le désenclavement ferroviaire du Limousin avant longtemps.

Dans ce contexte, la liaison TRANSLINE avec les réponses qu'elle apporte en terme d'aménagement du territoire apparaît, plus que jamais, comme le moyen de renforcer la crédibilité du projet de barreau Limoges-Poitiers. Son intégration dans le projet actuel peut faciliter le dialogue entre des interlocuteurs qui s'affrontent aujourd'hui.

Le Délégué Limousin