LGV - LGV Poitiers-Limoges, l’amorce d’un réseau interrégional

La réalisation du Poitiers-Limoges doit être l’élément dynamique de la constitution d’un nouveau type de réseau, un réseau interrégional. Il faut, en effet, utiliser à plein cette nouvelle infrastructure en ne négligeant aucune des fonctionnalités qu’elle ouvrira : la relation avec Paris, certes, mais aussi toutes les relations concernant le Grand-Ouest vers lequel Limoges est tournée en attendant qu’une continuation ferroviaire performante vers l’Est, dans le cadre de TRANSLINE, lui ouvre de nouvelles perspectives.

CE TYPE D’INFRASTRUCTURES COUTE CHER, IL FAUT DONC EN TIRER PARTI AU MAXIMUM AFIN DE CONCRETISER POUR LES TERRITOIRES CONCERNES LE CONCEPT DE MOBILITE DURABLE QUI S’APPUIE SUR L’EFFICACITE ENERGETIQUE (report modal significatif) ET UNE SOLUTION APPORTEE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES.

Comment procéder ?

Aujourd’hui, toute enquête d’opinion s’adressant aux habitants de l’Aquitaine, de la Bretagne, du Limousin, des Pays de la Loire, du Poitou-Charentes pour leur demander leurs habitudes de déplacements pourraient se résumer de façon assez simple :

  • pas de relations vraiment suivies entre ces régions à cause d’une carence d’infrastructures de communication,
  • en cas d’obligation absolue, la voiture est le seul mode pour se déplacer dans des délais raisonnables.

Aujourd’hui, il s’agit donc bien d’une question abstraite puisque, dans l’imaginaire collectif, ce sont par définition des relations difficiles voire carrément inimaginables.

Or, lors du débat public de 2006, il a maintes fois été dit que Limoges, et une partie du Limousin, avaient des synergies avec les régions du Grand-Ouest notamment des coopérations universitaires qui ne demandaient qu’à se développer avec Tours, Poitiers et La Rochelle. Ce sont ces relations qu’il faut désormais concrétiser soit par la méthode des correspondances, un système fragile et complexe à monter, soit, en jouant sur la visibilité et la lisibilité du lien, par la création de véritables relations directes sur trois axes ferroviaires : Limoges-Poitiers-Tours-Nantes, Limoges-Poitiers-Niort-La Rochelle et Limoges-Poitiers-Bordeaux. Comment ces trois axes peuvent-ils créer de la valeur ?

Par conséquent, la méthode d’ sera d’interroger les différents acteurs sur la base d’un service et non d’évoquer une vague amélioration substantielle apportée par le barreau. C’est le service offert qui déterminera la fréquentation. Il ne s’agit pas de déterminer les futurs horaires mais bien de donner une illustration de ce que pourrait être ce réseau Grand-Ouest.

Répondre à des questions :

La nature du service dépendra de la réponse aux questions essentielles suivantes :

  • quel degré de rapprochement pour les deux villes Poitiers-Limoges ? La relation ne sera, en effet, pas la même selon que l’on se contente de la dizaine d’allers-retours en provenance « d’ailleurs », principalement de Paris plus deux intersecteurs, ou au contraire d’une véritable desserte répondant aux besoins des deux villes et aboutissant à réaliser un métro entre les deux villes qui fasse qu’il y ait effectivement le réflexe rail dès qu’un habitant de l’une ou l’autre ville décide de se rendre dans sa voisine. A partir de là, qu’est-ce que les deux villes peuvent construire ensemble pour se renforcer mutuellement ? (conurbation ou réseau de villes) C’est la différence entre desserte subie ou desserte choisie et adaptée.
  • quel pourrait être ce réseau et ce service performant intéressant un Grand-Ouest accueillant résolument le Limousin ?
  • quels échanges possibles et nouveaux pourraient naître de ce nouveau réseau ?
  • le réflexe rail sur les principales relations permettant un report modal significatif est-il réaliste ?
  • ce réseau constitue-t-il un démarreur de TRANSLINE et du réseau interrégional ARMORIQUE ?

Et une question subsidiaire pour préparer l’avenir :

  • quelles configurations techniques nécessaires, notamment au niveau des raccordements, dans l’optique TRANSLINE du prolongement vers Lyon ?

Conclusion provisoire

A travers cette démarche, il ne s’agit pas de rouvrir le débat public de 2006 mais bien « d’habiller » ce qui n’avait fait qu’être esquissé au niveau des services. Plus de deux ans se sont écoulés, l’histoire depuis s’est accélérée avec notamment le Grenelle de l’Environnement qui a conforté de nouvelles notions comme l’efficacité énergétique devant se traduire par un report modal significatif.

Et surtout n’inversons pas les priorités, bâtissons ce réseau idéal tel qu’il pourrait le mieux répondre aux besoins de développement des territoires concernés et voyons ensuite l’organisation qui serait la plus efficace pour le faire vivre. Assurément, puisqu’un tel réseau n’existe pas, il faudra inventer quelque chose de nouveau puisque les notions habituelles (TGV, TER, Corail Intercités...) ne sont pas adaptées.

C’est ce qu’ s’engage à produire dans les prochains mois grâce au travail réalisé notamment avec ses adhérents institutionnels.