ferroviaire - Grenelle de l'Environnement

La T3A, alliée du Grenelle de l’Environnement ?

Le Grenelle de l’Environnement suscite bien des attentes.

Les transports sont un des sujets majeurs liés à l’environnement, avec 35% des émissions de CO2, la route représentant à elle seule en Europe 93% du total de ces émissions, 20% du CO2 (Agence européenne pour l’environnement).

Différentes thèses s’opposent entre ceux qui plaident la limitation des déplacements au strict minimum (produisons, transformons et consommons sur place) et ceux qui veulent qu’un peu d’ordre soit mis afin de limiter les déplacements jugés parasites et causes du gâchis avec, par exemple, la fin de la promenade des fameuses crevettes pêchées en Norvège envoyées au Maroc pour y être décortiquées, puis en Allemagne pour y être consommées après être passées par la Slovaquie pour être conditionnées.

Il y a aussi ceux qui ne veulent que répondre aux besoins sans en créer d’autres. Exemple, « limitons-nous à la modernisation du réseau existant et tout ira bien ». Or, le client du transport va regarder les performances offertes, notamment en temps de parcours, par les différents modes.

Suivant les scénarios, on a ou on n’a pas besoin d’infrastructures. Si une certaine régulation peut intervenir dans le transport des marchandises notamment par une hausse du prix du transport qui obligerait les entreprises à reconsidérer leur chaîne de production et de distribution, en revanche, peut-on limiter les déplacements de personnes et notamment ceux liés à la rencontre des gens pour travailler mais aussi pour échanger et passer du bon temps ?

Favoriser le report modal

Dans ce contexte, il faut bien évoquer le report modal sur une base de complémentarité des modes et pour que tout le territoire ait accès à ce report et puisse ainsi apporter sa contribution à la lutte contre les changements climatiques : la qualité des infrastructures en est la clé.

La T3A apparaît donc comme un outil au service de cet objectif et si l’on considère que le développement durable passe aussi par un aménagement du territoire équilibré et l’anticipation du pétrole cher.

La T3A non seulement irrigue tout une série de nouveaux territoires, mais en rétablissant la géographie du bon sens par la réhabilitation de la ligne droite, va permettre des économies d’énergies et d’exploitation pour les trafics en provenance de la Péninsule ibérique et du sud-ouest vers Lyon, la Suisse, l’Italie du Nord et l’est européen.

Se donner les moyens de répondre aux ambitions

Par conséquent, le Grenelle de l’environnement ne sera complet que s’il débouche sur une feuille de route concernant les infrastructures, au premier rang desquelles les infrastructures ferroviaires acteur principal de ce report modal. C’est pour cela qu’il ne sera crédible que s’il est suivi, le temps d’une réflexion sérieuse et approfondie, d’un ciact qui prenne la suite du ciadt de 2003 et de ses projets l’horizon 2020 pour aller au-delà. Un ciact qui prendrait en compte la T3A et l’aménagement ferroviaire des territoires dont elle devient la colonne vertébrale à savoir le Grand Ouest et le Massif Central.

Cela sera possible si de réels choix sont enfin faits entre des infrastructures favorisant le report modal et d’autres contre-productives par rapport aux remèdes à apporter aux changements climatiques.

Voici dans ce cadre, la lettre adressée à Jean-Louis Borloo, Ministre du Medad (Ministère de l’Environnement, du Développement et de l’Aménagement durable).

ALTRO ASSOCIATION LOGISTIQUE TRANSPORT OUEST
    Monsieur Jean-Louis Borloo
Ministre de l’Environnement, du Développement et de l’Aménagement Durable
75302 Paris 07 SP
 

La Rochelle, le 13 août 2007


Objet : prise en compte des infrastructures ferroviaires dans le Grenelle de l’Environnement

Monsieur le Ministre,

Notre Association, à laquelle adhèrent de nombreuses collectivités, s’est donnée pour mission de faire prendre en compte dans une programmation la T3A, Transversale ferroviaire, fret et voyageurs, Alpes-Auvergne-Atlantique (www.altro.org), également à vocation européenne en s’intégrant dans le corridor européen V Lisbonne-Kiev. Ce projet permettra, outre d’ouvrir les régions concernées sur l’Europe, d’être au service du développement durable :
-en facilitant l’accessibilité ferroviaire de régions jusque-là délaissées par le rail,
-en offrant la possibilité du report modal à de nombreuses régions subissant des flux transversaux prisonniers de la route faute d’alternatives crédibles,
-en permettant un raccourci de 250 à 300 km pour les flux Péninsule ibérique/Sud-Ouest-Rhône-Alpes/Est européen, soit des économies d’exploitation et d’énergie.

C’est pourquoi, je tiens à saisir l’occasion qui nous est donnée par le Grenelle de l’Environnement pour, non seulement attirer votre attention sur la T3A, mais aussi pour que ce projet dont la réalisation du premier tronçon Poitiers-Limoges a été décidé dans le cadre de l’accès du Limousin à la Grande Vitesse pour les relations de et vers Paris, puisse être retenu dans son intégralité (Angoulème/Rennes-Nantes-Poitiers-Limoges-Clermont-Ferrand-Lyon-St-Exupery) lors du prochain Ciact.

Actuellement, la pré-étude fonctionnelle est en cours, et les premiers résultats sont encourageants. Un colloque se tiendra à Clermont-Ferrand le 26 octobre pour présenter les résultats de cette étude.

Le Grenelle de l’Environnement doit être, en effet, l’occasion pour élaborer la feuille de route des infrastructures ferroviaires structurantes restant à faire afin que le pays puisse sortir du tout routier dont tout le monde s’accorde désormais à dénoncer les nuisances.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à ce courrier, je suis à votre entière disposition pour répondre à vos interrogations concernant ce projet. Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma considération distinguée.

 

Michel Caniaux
Président d’Altro


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