TGV - Le tropisme parisien

La France reste parisienne et ce débat l'illustre une nouvelle fois. Une ville ne se sent reconnue que si elle a une liaison directe ferroviaire avec Paris, même symboliquement, le reste vient ensuite. Digne, Privas, Guéret, Albi, Aurillac, Auch, Lons le Saunier, Mont de Marsan, Le Puy, Mende, St-Lô, La Roche sur Yon, sont désormais les seules préfectures continentales à être écartées de ce cercle. La Roche sur Yon, l’ayant été, devrait à nouveau le rejoindre et des villes comme, Rodez, en sortir si les menaces de suppression de trains directs se confirment.

Or, la construction européenne, en dépassant les limites de l’Hexagone encourage ce maillage du territoire que nous réclamons à cor et à cri. Elle nous pousse à regarder ailleurs à façonner de nouveaux réseaux. Et au-delà de Paris, c’est le nord qui attire. Ainsi, l’Aquitaine aurait intérêt à se montrer attractive au lieu de tourner le dos à ces territoires qui peuvent à leur tour lui offrir des perspectives.

Il faut revoir nos représentations du territoire et donner sa place à la transversalité. Dans le débat, certains, autres que , ont souhaité qu’elle soit améliorée, prise en compte, dans un souci de libération du seul couloir nord sud. Certes, on ne gomme pas d’un coup de baguette magique des siècles de centralisme parisien, mais il est temps d’amorcer le mouvement pour que le mot maillage prenne tout son sens... Certes, les flux les plus importants sont nord-sud mais en y regardant de près on s’aperçoit que, s’ils en avaient la possibilité, certains s’éviteraient le détour par l’Ile de France pour, en venant du sud-ouest, se diriger plein est.

Tout le monde est d’accord pour constater que quelque chose ne va pas, mais rares sont ceux qui osent se lancer dans l’inconnu, explorer ces voies nouvelles qui nous apporteraient des solutions en matière de cohésion sociale et territoriale.

Le maillage ne peut se faire que via la transversalité.

Il ne s’agit pas de nier Paris, ou de détruire ce qui s’impose, mais bien de donner des éléments pour ouvrir sur de nouvelles directions et ne pas faire dépendre le développement d’un seul axe unique, un peu à l'image de ces entreprises mono-clients qui vivent dans la crainte de voir leur client s’effondrer.

L’Auvergne nous a montré le chemin il y a un an. Aujourd’hui, c’est la transversalité qui peut rassembler des territoires qui ont tant à partager.

Le débat est ouvert : saisissons cette occasion, non pas pour nous laisser enfermer dans un seul projet qui serait un point final, mais pour ouvrir sur une véritable réflexion d'aménagement du territoire concernant le Massif Central dans son ensemble.