ferroviaire - Les grands élus du Sud-Ouest à contre-courant de l'Histoire

Appui au grand contournement autoroutier de Bordeaux (GCAB), 1 500 millions d'euros

Samedi 6 mai, le journal Sud-Ouest s'interroge :

Y aura-t-il assez de pétrole (en réserves ou à coûts raisonnables) dans vingt ou trente ans pour faire rouler des camions ? Ce n'est pas un problème, semblent penser les grands élus du Sud-Ouest, le but est de construire cette autoroute pour cette autoroute en faisant abstraction de toute réflexion sérieuse.

Or, le projet est de plus en plus contesté, un référendum à l'échelle départementale est même demandé par les Girondins, et il est désormais évident que cette rocade bis ne se fera pas s'il y a jonction entre le rejet du GCAB et l'adhésion au projet , c'est à dire entre un refus légitime et une proposition alternative sérieuse qui crédibilise le refus n'apparaissant ainsi pas comme un caprice.

Les alternatives :

  • terminer la mise à 3 voies de l'actuelle rocade,
  • entamer la mise en oeuvre rapide du réseau ferroviaire Pyrénées-Aquitaine-Charentes, structuré, en partie, par la TAA et feuille de route pour les 20 ans à venir. La mise à 4 voies de Bordeaux-Cenon va doubler la capacité ferroviaire d'accès à la gare St-Jean ouvrant de sérieuses perspectives de développement ferroviaire pour la région. Il est temps de réorienter ses ambitions en faveur de l'intermodalité structurée autour du rail.

Les élus promoteurs du grand contournement autoroutier ne rendent pas service aux citoyens en ne leur offrant pas d'alternative forte à la route, et en les rendant captifs d'un mode dont le coût d'utilisation va désormais augmenter régulièrement menaçant la cohésion sociale et la croissance. Ces élus illusionnent les citoyens en encourageant un modèle de développement qui n'est plus adapté.

Refus d'entrer dans la plus grande réflexion d'aménagement du territoire jamais réalisée alors que l'Aquitaine sera une des principales bénéficiaires de la TAA

Refusant d'entrer dans la réflexion d'aménagement du territoire à moyen/long terme et à grande échelle que nous avons initié, ces grands élus s'empêtrent dans des oppositions de projets (Bordeaux-Irun et Bordeaux-Toulouse), risquant de retarder encore davantage le début des travaux, alors que la TAA que nous préconisons renforcerait les deux (Bordeaux à 1h45 de Nantes et à 2h de Lyon; Toulouse à 2h45 de Nantes). Par leur refus de sortir, chacun, leur projet de la bulle où ils l'ont enfermé, ils en viennent à minimiser leurs propres projets et à les fragiliser.

Incapacité à mobiliser les populations « pour » un véritable projet d'aménagement du territoire

Les retards de réalisation viennent aussi de cette incapacité, et c'est vrai que gagner une heure sur Bordeaux-Paris ce n'est pas si spectaculaire au point de rassembler des foules. Ne peut-on pas mobiliser, au contraire, les citoyens en ouvrant de nouvelles perspectives grâce au Réseau Pyrénées-Aquitaine-Charentes, et avec un Bordeaux-Nantes en 1h45, un Bordeaux-Lyon en 2 heures, etc... sans compter les économies d'exploitation réalisées ainsi qu' un pas vers la sécurisation énergétique et le développement durable ?

La démarche ouvre la voie à la cohérence et donc à la fiabilité de projets qui, isolés, perdent de leur intérêt et ne sont appelés qu'à se réduire à des effets d'annonce.

Non prise en compte de la nécessité de construire un réseau TGV européen, dont la TAA est un maillon essentiel, pour se substituer aux lignes ferroviaires aériennes intra-continentales au moment où le renchérissement des prix des hydrocarbures exige d'optimiser le mode aérien en le privilégiant pour les relations intercontinentales.

Nous demandons donc aux Aquitains et Midi-Pyrénéens d'exiger de leurs élus qu'ils adoptent une vision globale en intégrant la réflexion TAA et qu'ils cessent pour cela de regarder par le petit bout de la lorgnette en considérant leur projet isolé dans une bulle d'air indépendant du réseau qu'il convient désormais de constituer. Et pourquoi ne pas rejoindre pour accélérer ce mouvement constitutif désormais inéluctable ?