transport - La dimension européenne de TRANSLINE à travers ses trois branches

Extrait de Transport 2020 n°20

Lors du débat sur le GRENELLE (16/10/2008), Dominique Bussereau, Secrétaire d’Etat aux Transports, reconnaissait qu’il était « évidemment plus difficile d’obtenir des financements européens pour des projets situés à l’intérieur de l’Hexagone : il faut alors démontrer que ces projets s’inscrivent dans une logique internationale ». Vue de Bruxelles, la dimension européenne s’applique lorsque la ligne ferroviaire relie deux grands ensembles européens : ainsi, la branche Est du « Rhin-Rhône », destinée à relier l’Allemagne à l’Italie et à l’Espagne a pu bénéficier de fonds européens.

La dimension européenne de TRANSLINE à travers ses trois branches

Aujourd’hui, aucun projet d’envergure ne vise à relier la Péninsule ibérique occidentale à l’Italie. TRANSLINE en unissant Bordeaux à Lyon, avec sa Branche Centrale Européenne, constitue un véritable « pont ferroviaire » qui raccourcit distance et temps par rapport à l’itinéraire via Toulouse et relie les villes côtières de Santander au Havre, tout en étant un itinéraire bis entre Péninsule ibérique et Allemagne méridionale.

La branche Ouest renforce la dimension européenne grâce au fret ferroviaire, notamment avec l’annonce du Premier Ministre (février 2008) de porter le traitement de conteneurs par la France à 10 millions par an contre 3,6 aujourd’hui. La contribution massive des ports atlantiques, « portes d’entrée » de l’Europe, est indispensable. D’où la nécessité d’un plan global conciliant axe ferroviaire majeur d’évacuation/acheminement et élargissement des hinterlands.

Un réseau européen :

La notion de « corridor », couramment utilisée au niveau européen, est-elle mauvaise ? Assimilable au rôle que jouaient, jadis, les fleuves, le « corridor » ferroviaire irrigue un territoire en complémentarité avec le réseau existant comme le fleuve avec ses affluents. Ainsi se constitue un réseau Grande Vitesse appelé à se substituer à terme, au réseau aérien, court et moyen courriers, les trois heures de voyage ferroviaire, jugées comme le point de basculement en faveur de l’avion devenant cinq heures avec passage par un hub.

TRANSLINE, un outil de la construction européenne

L’Europe se fera par les citoyens qui multiplieront leurs contacts gommant préjugés et incompréhensions : la dynamique des jumelages va s’amplifier tout comme les échanges interuniversitaires et scolaires.

L’organisation du réseau européen de LGV, permettra au fer d’offrir les conditions de confort, de rapidité et surtout de sécurité que la route ne peut garantir à proportion.

TRANSLINE peut être, si les autorités françaises veulent bien participer à sa promotion, l’un de ces projets fédérateur pour les Européens : Clermont-Ferrand à 2h30 de Turin et Limoges à 2h45 de Bilbao, l’une et l’autre pleinement intégrées dans l’ensemble européen... deux exemples parmi d’autres.

Le but visé est l’inscription de TRANSLINE dans les RTE-T (Réseau Trans-Européen de Transport), en cours de redéfinition. L’Union Européenne dans son ambition de se doter d’un réseau européen, aimerait pouvoir influer davantage sur les États encore insuffisamment motivés...

Les actions d’ visent à faire connaître TRANSLINE au niveau européen d’où nos rencontres à Bruxelles avec la DG TREN et la DG REGIO qui ont jugé le projet conforme dans son concept aux objectifs de la Commission, d’où notre présence lors des colloques entre décideurs, acteur de l’élaboration du réseau de demain.

Le Délégué Général d’ a participé au colloque « Iberian Rail Development » où Espagne et Portugal ont exposé leurs raisons de maintenir, en dépit de la crise, le cap du développement de la Grande Vitesse. Il en a profité pour se familiariser avec la Media Distancia à Grande Vitesse qui permet aux villes moyennes espagnoles d’être correctement desservies à Grande Vitesse. Villes moyennes ? Ciudad Real, 71 000 habitants, 25 A/R avec Madrid (171 km), dont 12 pour les pendulaires et Cholet, Montluçon, Bourges, Roanne, Vichy... même combat ?

De même, il a suivi le colloque de « Rail Investment South East Europe » à Zagreb où l’Est de l’Europe veut rattraper son retard, en généralisant d’abord le 160 km/h, avant d’entamer une future étape vers la Grande Vitesse.

Un pays en pointe

L’Espagne affirme donc son nouveau leadership avec le premier réseau LGV européen, dès 2010, mais surtout avec une gamme de service large et variée : de la Grande Vitesse longue distance au « Media Distancia » pour les transports de la vie quotidienne...

C’est le TRIA (Train Rapide Inter Agglomérations) qu’ préconise et qui n’existe que dans le Nord Pas de Calais dans une version imparfaite, faute d’un matériel et d’un financement adaptés, tandis qu’il est envisagé par les conseils régionaux de Bourgogne et de Franche-Comté grâce à la branche Est du Rhin-Rhône, sous l’œil encore sceptique de l’opérateur historique.

(cf colloque de Valence 23/11/09).

Le 11 juin 2010, le rôle central du Lyon-Turin a été confirmé, lors des journées RTE-T à Saragosse, comme maillon majeur du corridor ferroviaire transeuropéen Lisbonne-Kiev. TRANSLINE a vocation à assurer la continuité du Lyon-Turin vers la péninsule ibérique occidentale, jusqu’à... Lisbonne via Porto, Salamanque, Burgos/Bilbao.